Ecoutez le chant
Il se met à rêver, ce voyageur de Dieu, d'un monde fraternel. Le long de son chemin entre Lomé,
Toulouse et Fontainebleau, il expérimente la vacuité des frontières, la richesse de s'ouvrir à
d'autres cultures et à d'autres hommes. Est-il africain ou européen ? Pour qui le connait, on
dirait les deux. Un lien, comme ses chants qui nous relient les uns aux autres.
Gilbert a quitté le Togo pour la première fois 1965. il était bien jeune. Pour un garçon de 12 ans, découvrir la France était une aventure tellement extraordinaire. Même s’il ne réalisait pas très bien ce qui lui arrivait, il était si heureux malgré un pincement au cœur de devoir quitter ses parents, ses frères et sœurs et ses amis d’enfance.
Il est accueilli à Toulouse dans le sud-ouest de la France au Caousou – collège de l’immaculée conception- où il fait ses études secondaires.
C’est au cours de ces années là qu’il s’investit dans le chant et la musique. Avec un groupe de copain, ils forment un « orchestre » pour rendre plus vivantes les célébrations organisées dans l’établissement en s’inspirant des oeuvres interprétées par John Littleton1. Voilà comment les animations débutent.
Il faut dire que Gilbert avait une certaine prédisposition à s’investir dans la musique. Son père Pierre Gafah connu sous l’appellation « Maître Gafah » car il était instituteur, possédait déjà ce don de la musique. Pianiste, violoniste, il était aussi auteur-compositeur et avait créé plus d’une chorale qu’il dirigeait lui-même.
Sa mère Elisabeth Afiwa Gafah connue plus familièrement sous le nom de « Mémé Gafah » était également pianiste. Bref, une famille de musiciens. C’est dans cette ambiance que Gilbert a vécu son enfance. Ses premiers cours de chant lui ont été donnés par son père.
Après des études d’éducateur, il obtient un poste dans un établissement
d’enseignement catholique dans le Tarn dans les environ d’Albi où il reste une dizaine d’année
avant de venir à Fontainebleau à 70 kilomètres de Paris, où il travaille désormais.
Son investissement dans la pastorale de l’établissement et dans le diocèse lui a permis de faire la connaissance de Jean et Pierre Pradelles, des jumeaux prêtres et chanteurs tous les deux, qui l’ont aidé à prendre une place dans l’animation religieuse par le chant. Ses études d’éducateur lui ont permis d’acquérir une solide formation dans le domaine des techniques de l’animation.
Il rentre grâce à ces deux prêtres devenus des amis, dans le groupe des Chanteurs et Comédiens en Église où il côtoie Jean Claude Giannadda, Raymond Fau, Gaëtan de Courrèges, Mannick et bien d’autres. Dès 1989 nombreux sont ses chants utilisés pour les pèlerinages de l’enfance missionnaire. En 1990, il sort sa première cassette « Pour un monde fraternel ».
Sollicité à travers toute la région pour l’animation de diverses célébrations, rassemblements diocésains et pèlerinages, il sort en 1994 sa deuxième cassette « Planète Mission » à l’occasion d’un congrès des Œuvres Pontificales Missionnaires à Lourdes qui réunit près de dix milles personnes.
En l’an 2000, il compose 12 titres pour « Jésus-Christ, 2000 ans d'amour », entourés de quelques autres auteurs comme Benoît Gschwind, Claude Bernard, Dominique Mazoyer et Paul Cros. On notera la bonne humeur qui se dégage de ce CD. La joie du chant est instinctive et établit d’emblée une communication qui ravit petits et grands.
Désormais, c’est à travers la France entière qu’il est sollicité pour ses veillées chansons et ses animations.
John Littleton est né d'un père pasteur baptiste et cultivateur dans une plantation près de Tallulah, en Louisiane. Dès son plus jeune âge il commença à chanter dans les églises. Il s’attaqua, dès l’adolescence, au répertoire des grands, comme Bing Crosby et Mahalia Jackson. Conduit à Reims en France par ses obligations militaires, il u rencontre sa future femme et s’y établit.
Il rentre au Conservatoire national de Paris d’où il sort avec le premier prix de chant, le premier prix d’opéra et le deuxième prix d’opéra-comique. Il chantait alors "Boris Godounov" ou "Roméo et Juliette", mais allait rapidement s’orienter vers le chant religieux. Il a enregistré plus de 75 disques et a été récompensé par le Grand Prix du disque Charles-Cros et le Prix Mahalia Jackson. Il est décédé à Reims en août 1998.
Un texte très personnel qui est dédié aussi à tous ceux qui vivent entre deux cultures et en
particulier entre Europe et Afrique (et pour tous ceux qui ont laissé là-bas « au
pays », les tombes des êtres qui leurs sont chers…). Le refrain de se chant est en ewé, langue
parlée nottament au Togo.
Ecoutez le chant
Disponible sur l'album « Voyageur d'espérance ».